Chez Cinzia, l’ambassadrice du Refuge Barbara (Lowrie).
Une histoire d’amitié franco-américaine
En 1928, Walter et Barbara Lowrie, un couple américain passionné de montagne, découvrent ce coin préservé du Val Pellice, situé à environ une heure de Turin – aujourd’hui, beaucoup plus à l’époque -, dans les Alpes piémontaises. Charmés par la beauté sauvage et la gentillesse des habitants des hameaux environnants, ils construisent une maison de chasse qui deviendra rapidement un refuge mythique. Ils en font cadeau Club Alpin Italien, en marquant les prémices d’une belle amitié italo-américaine qui traverse le temps et les frontières. Presque un siècle après, deux modestes explorateurs des plaisirs du monde, quittent les ambiances méditerranéennes pour découvrir de nouveaux paysages. Et c’est là qu’ils tombent sous le charme du refuge Barbara Lowrie.
Notre premier jour : vers le refuge Barant et le jardin botanique Peyronel
Une route sinueuse serpente du village de Bobbio Pellice au refuge: 1000 mètres de dénivelé en 9 km. La végétation change progressivement, parfois elle se met à l’écart pour laisser surgir des chalets et des granges ; ce qui nous surprend davantage sont les “scuolette Beckwith”, des écoles en miniature, nées sous l’impulsion du général anglais J.C. Beckwith. Ce philanthrope œuvra pour démocratiser l’éducation et la rendre accessible aussi à ceux qui vivaient dans des endroits très peu accessibles!
Cette vallée étroite et accidentée est jalouse de ses trésors ; nous les découvrons au fil des mètres pour rester définitivement ébahis devant le spectacle du cirque de sommets dans lequel le refuge est incrusté, à 1753 mètres d’altitude!
Le temps d’un café et nous partons pour notre première randonnée.
Le sentier suit un ancien chemin militaire et monte progressivement à travers les prairies alpines et les forêts de mélèzes. Dès les premiers pas, la beauté paisible des paysages nous berce, avec ses fleurs sauvages éclatantes, et le chant discret des oiseaux. Sur le chemin, plusieurs marmottes curieuses jouent à cache-cache entre les rochers, elles sont trop rapides pour nos yeux! On les entend, on les cherche, on les imagine… Par contre nous apercevons des rapaces majestueux qui planent haut dans le ciel et une famille de corbeaux perturbés par notre présence. Le message est clair, nous sommes les invités : la nature règne, l’ambiance est calme, presque magique.
Notre émerveillement est tel, qu’il n’est même pas ébréché par la surprise de trouver le refuge Barant fermé pour travaux ; la vue dont on profite ici, à 2370 mètres, nous suffit largement.
En approchant du jardin botanique Peyronel, nous découvrons les vestiges d’anciennes fortifications militaires et un bunker bien intégré au paysage, témoins d’un passé stratégique souvent méconnu de la vallée. De l’histoire à la botanique : le jardin lui-même est un véritable trésor avec plus de 300 espèces de plantes alpines protégées, certaines très rares, comme l’edelweiss ou la saxifrage. Avant de retrouver le chemin du retour, nous prenons le temps de lire les panneaux qui nous expliquent la richesse et l’adaptation miraculeuse de cette végétation. Le retour est simple, le rythme soutenu sans pour autant être pressé : nous créons un bouquet avec les images et les sensations récoltées, avant d’arriver à notre refuge et de savourer – ah, les bonnes habitudes – notre bière !
Mélange parfait d’effort raisonnable, de découverte naturelle et de convivialité, cette première randonnée nous a mis dans les meilleures conditions pour la suite de notre aventure.
Le deuxième jour : au Col d’Armoine, face au Monviso
Nos yeux s’ouvrent et suivent les diagonales lumineuses que le soleil trace, avec la complicité des montagnes. Les picotements de l’air frais nous réveillent définitivement : nous sommes prêts pour notre deuxième journée! Le départ du refuge se fait au matin, alors que la lumière éclaire doucement les sommets environnants. L’itinéraire est plus exigeant, mais ô combien spectaculaire! Direction: le Col d’Armoine.
La montée s’élève graduellement, traversant d’abord des prairies où les fleurs alpines dévoilent leurs couleurs, puis des pierriers plus austères font tomber nos vestes. Le sentier, parfois escarpé, demande une bonne condition physique, mais la beauté du parcours motive chaque pas.
Deux endroits particulièrement mémorables imposent une pause : la première au petit lac d’Arbancie, un véritable joyau caché dans un creux glaciaire, où l’eau limpide reflète le ciel et les montagnes environnantes. Plus haut, le lac de Piena Sia nous surprend avec ses roches aux teintes rouille et vert mousse qui encadrent l’eau, créant un contraste saisissant. Ces lieux nous offrent un émerveillement et une sérénité uniques ; si de surcroît on y ajoute l’absence d’autres randonneurs, et bien, le paradis existe!
Enfin, arrivés au Colle d’Armoine à 2 692 m d’altitude, le panorama est tout simplement grandiose : le Monviso s’élève devant nous, imposant et majestueux, entouré de ses crêtes aiguisées. La vue s’étend sur la vallée et, par temps clair, jusqu’aux sommets français voisins. C’est un moment d’émotion intense, où l’effort s’efface devant la beauté brute de la montagne. Mais…carpe diem! Le spectacle sera de courte durée avec l’arrivée de la Nebbia qui d’un coup nous plonge dans un univers fantomatique.
La température baisse, c’est l’heure de reprendre la route et nous, les intrépides en déplacement, nous nous lançons sur un chemin différent. Nous essayons donc de faire une boucle passant par la Rocca Nera et le Colle della Gianna, espérant découvrir d’autres paysages et varier le parcours. Mais le brouillard est plus rapide que nous et, en quelques instant, il fait disparaître tout paysage, enveloppant les crêtes d’un voile blanc épais. La visibilité quasi inexistante nous suggère qu’il serait judicieux de faire demi-tour, rappelant la puissance de la montagne et l’importance de rester prudent. Sages et humbles face à cette immensité, nous revenons par le même chemin, savourant malgré tout chaque instant de cette journée riche en découvertes et sensations. Et ignorant encore les surprises que la soirée nous réservait!
Une soirée autrement sportive au refuge.
Le point d’orgue de notre séjour est sans doute la soirée au refuge. Cinzia, la gérante et ambassadrice du refuge, nous accueille avec une chaleur incroyable. Après un repas délicieux, elle nous propose la « staffa ». Et c’est là que nous découvrons la notion italienne du dernier verre, ou, plus précisément, du premier des derniers verres, qui se poursuivent très tard dans la nuit en « république indépendante di Barbara » autour de Gentiane et Génépi maison.
Les rires, les histoires partagées, et la beauté simple du refuge en soirée créent une atmosphère de convivialité et de bien-être rare. C’est ce genre de moments, au-delà des paysages, qui font la magie de la montagne et la richesse de ce refuge.
Des souvenirs précieux et l’envie de revenir.
Ces deux jours au refuge Barbara Lowrie ont été bien plus qu’une simple randonnée. Ils nous ont offert une plongée au cœur de la nature sauvage, des rencontres authentiques et des émotions fortes. Entre marmottes facétieuses, rapaces majestueux, fleurs rares et fortifications historiques, chaque pas racontait une histoire.
L’accueil chaleureux de Cinzia et la douceur des soirées ont ajouté une dimension humaine précieuse à notre aventure. Nous sommes repartis avec des souvenirs plein la tête et l’envie irrésistible de revenir, pour prolonger cette belle parenthèse de vie et découvrir encore d’autres trésors du Val Pellice. Nous vous encourageons à découvrir cet endroit par vous-même loin des foules estivales des montagnes françaises et cerise sur le gâteau nos fidèles compagnons à quatre pattes sont les bienvenus.
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❓ FAQ – Questions fréquentes
🌦️ Quelle est la meilleure période pour séjourner au refuge Barbara Lowrie ?
La période idéale est de mai à fin octobre, lorsque les sentiers sont dégagés et le refuge ouvert. En hiver, l’accès est difficile et souvent réservé aux randonneurs expérimentés.
🗺️ Où se situe précisément le refuge Barbara Lowrie et comment y accéder ?
Le refuge est situé à 1 753 mètres d’altitude, dans la localité Pis della Rossa, à Bobbio Pellice, dans la province de Turin, en Italie.
On peut y accéder en voiture depuis Villar Pellice jusqu’au parking, puis compter environ 15 minutes de marche pour rejoindre le refuge.
🏨 Quelle est la capacité d’accueil du refuge Barbara Lowrie ?
Le refuge propose 24 couchages répartis en petites chambres et dortoirs, offrant un hébergement simple, confortable et authentique.
🧳 Quels services et équipements trouve-t-on au refuge ?
Le refuge dispose de douches chaudes, toilettes, téléphone d’urgence, et d’un bar-restaurant servant des plats traditionnels comme la polenta au pignoletto rosso. Il y a aussi une petite bibliothèque pour les moments de détente.
🥾 Combien de temps dure la randonnée aller-retour vers le refuge Barant et le jardin botanique Peyronel ?
Il faut compter environ 3 à 4 heures au total, avec un temps de montée modéré et une pause au refuge Barant.
🧭 Quels sont les points forts de la randonnée au Colle d’Armoine ?
La vue imprenable sur le Monviso, les lacs d’Arbancie et de Piena Sia, ainsi que la flore alpine riche et les sensations de solitude en altitude.
🥾 Est-ce que les randonnées sont accessibles aux familles et aux débutants ?
La randonnée vers Barant est plutôt accessible aux randonneurs débutants ou en famille. Celle du Colle d’Armoine est plus exigeante, recommandée aux randonneurs habitués.
🧭 Peut-on faire une boucle depuis le refuge Barbara Lowrie ?
Oui, la boucle via Rocca Nera et Colle della Gianna est envisageable, mais attention aux conditions météo : lors de notre dernière tentative, le brouillard dense nous a contraints à faire demi-tour pour revenir au refuge en toute sécurité.
📌 Où puis-je trouver plus d’informations ou contacter le refuge ?
Pour plus d’informations, il est possible de contacter le refuge au +39 0121 930077 ou de visiter leur site officiel : https://www.rifugiobarbara.it.
