L’été, les vacances… enfin ! Le moment parfait pour se lever à l’aube, veiller tard, revenir épuisés, mais heureux, et vivre toutes ces aventures excitantes qu’on remet toujours à plus tard.
Nous voilà donc debout à 5h du matin, en route vers Pontechianale, petit village piémontais dans la vallée du Varaita, point de départ de notre randonnée autour du Monviso.
L’idée de faire le tour du Monviso en deux jours devient réalité : l’air est frais, les paysages verdoyants, les torrents débordent d’énergie, et la météo est clémente (du moins pour l’instant). Allez, c’est parti !
Première journée : l’ascension commence
La première montée nous cueille sans ménagement. Même si la lumière est douce, nos mollets engourdis ne profitent pas franchement de la fameuse « fraîcheur du matin ». Heureusement, très vite, les pins et les alpages prennent le relais, et le bonheur d’avancer ensemble prend le dessus.
Nous progressons jusqu’au lac de Bagnour (2 019 m), puis continuons notre ascension, entourés de dizaines de cairns qui marquent le chemin. C’est là que nous entrons pleinement dans l’univers minéral du Parc du Monviso, classé Réserve de biosphère par l’UNESCO.
Le temps se couvre, les nuages s’accrochent à nous comme des compagnons de cordée un peu collants. Ils s’agglutinent pour nous admirer de près ! En grimpant, nous apercevons par moments le Visolotto (3 346 m), le petit ami trapézoïdal du Monviso (3 841m), comme un avant-goût de la grandeur à venir.
Un dernier effort nous conduit au refuge Quintino Sella (2 640 m), enveloppé dans le brouillard et pourtant si accueillant après la montée. Là, nous faisons une pause bien méritée… mais sans trop traîner : l’étape du jour n’est pas terminée. La journée n’est pas finie: ce n’est pas ici que nous allons consoler nos muscles.
Revigorés, on attaque la traversée vers le refuge Giacoletti (2 741 m), perché juste en face du Monviso. Une section plus technique, un peu plus aérienne, avec de beaux panoramas — du moins quand les nuages veulent bien nous en laisser un morceau. Enfin, au bout d’une longue journée, nous posons nos sacs, faisons tomber les chaussures, et profitons d’un apéro avec vue (floue, mais promise !) sur le géant de pierre.
Soirée au refuge : convivialité en altitude
La fatigue et le froid ne peuvent pas gâcher la joie d’être arrivés à cet endroit magnifique, où même les bouquetins sont amicaux et se laissent approcher : c’est probablement l’influence de cette magnifique montagne, qui nous domine, immense.
La soirée est joyeuse, le repas et le vin nous réchauffent autant que la gentillesse du personnel du refuge: une famille aux sourires faciles, et au sens de l’hospitalité exceptionnel.
Le refuge Giacoletti, perché face à la paroi nord du Monviso, est un havre chaleureux malgré son isolement. Nous y sommes accueillis par une équipe familiale, souriante et attentionnée, comme c’est souvent le cas dans ces refuges alpins italiens.
Le dîner est simple mais nourrissant, et les discussions légères. Nous sommes cinq amis, et malgré nos projets de refaire le monde, la fatigue a le dernier mot : on s’écroule avant même le coucher du soleil. Coucher avec les poules… s’il y en avait à 2 700 mètres !
Deuxième jour : lever de soleil sur les crêtes
Un premier réveil, désagréable, nous rappelle que le manque de respect de quelques voisins indélicats peut aller très loin, très haut, il ne s’arrête pas en ville … L’illusion de s’en éloigner se brise face à l’incivilité de certaines personnes, peu nombreuses, heureusement.
Mais très vite, le sommeil réparateur s’arrête lorsque les premières lueurs de l’aube effacent les mauvaises ondes. Les sommets rougissent, l’air est vif, et l’excitation reprend sa place. On attaque la journée par des passages équipés de chaînes et de câbles qui longent les falaises. Un réveil plus efficace que le café du refuge !
Buco di Viso : entre histoire et émotion
On grimpe, on regarde, on prend une photo, on repart et nous atteignons enfin le Buco di Viso (2 882 m), un tunnel incroyable de 75 mètres de long creusé à la main au XVe siècle, pour relier le Piémont au Dauphiné. Il a fallu deux ans de travail, 10 cm par jour, et un courage infini pour forer cette galerie à travers la roche vive. Ce passage épique, unique dans les Alpes, nous permet de franchir à pied la frontière entre l’Italie et la France !
Pleins d’émotion et poussés par le vent, nous passons d’un pays à l’autre, en traversant le ventre de la montagne et des siècles d’histoire. Comme de vrais héros, nous sommes accueillis par le soleil, qui se jette dans nos bras à la sortie du tunnel !
Retour en Italie et derniers efforts
Nos yeux sont émerveillés par ce changement soudain du paysage : les grosses pierres qui nous ont accompagnés jusqu’au Buco di Viso, laissent maintenant la place aux prairies vertes. Nous descendons jusqu’au refuge du Viso (2 460 m), sur le versant français. C’est une halte rapide mais bien méritée : une bière, un café, et nous revoilà sur le sentier.
Il nous faut ensuite remonter vers le col de Valante (2 815 m) pour repasser côté italien. Une section physique, minérale, où les marques de sentiers se perdent parfois dans l’immensité pierreuse. Les jambes sont lourdes, mais les cœurs sont légers. Le paysage est grandiose, brut, lunaire par moments. On sait que dans tous les cas, il faut monter, donc, gambe in spalla, on continue !
Sur le chemin, des groupes de scouts descendent, hésitants, certains avec des sacs énormes, un autre avec des chaussures rafistolées au scotch. L’ambiance est à la débrouille et à l’entraide.
Dernière descente et récompense
La dernière montée nous achève un peu, mais le vent nous pousse, nous persuade qu’il vaut mieux continuer. Puis vient la descente du Col Vallanta jusqu’à Pontechianale où l’aventure a commencé. Longue, sinueuse, mais douce aux yeux. Les fleurs, les marmottes, les lumières de fin de journée et des apparitions fugaces de ce versant du Monviso accompagnent notre retour.
Les genoux chauffent : c’est bon signe, on a bien marché !
Sur le sentier, un troupeau de moutons parfaitement orchestré par un chien obéissant nous oblige à faire une pause. Surprise : le berger parle le dialecte de nos amis. Il est originaire de leur village, à quelques heures de là. La montagne crée des ponts insoupçonnés.
Fin de l’aventure : souvenirs et fierté
Encore quelques kilomètres, et nous rejoignons les rives du lac de Pontechianale. Le soleil baisse, le lac reflète les dernières lueurs du jour, et nous nous installons autour d’une table pour célébrer cette boucle magique autour du Monviso.
Nous sommes fatigués, certes, mais surtout fiers d’avoir fait le tour du Monviso. Deux jours, plus de 40 kilomètres, près de 2 800 mètres de dénivelé positif cumulé, trois refuges, une traversée de frontière, et des souvenirs gravés pour longtemps.
Il nous reste juste assez d’énergie pour lever nos verres et rêver d’une prochaine aventure. Une idée surgit déjà: La Tre Rifugi !
❓ Foire aux questions — Tour du Monviso
📌 Données techniques (approximatives) :
- Durée : 2 jours
- Distance : Environ 40 à 45 km
- Dénivelé cumulé : +/- 2 800 m
- Altitude max : Col de la Traversette / Buco di Viso – 2 882 m
- Refuges traversés : Quintino Sella (2 640 m), Giacoletti (2 741 m), Refuge du Viso (2 460 m)
🗺️ Quel est l’itinéraire du tour du Monviso en 2 jours ?
Le tour classique commence et se termine à Pontechianale (Italie), en passant par :
- Le refuge Quintino Sella (2 640 m)
- Le refuge Giacoletti (2 741 m)
- Le Buco di Viso (2 882 m) – passage en France
- Le refuge du Viso (2 460 m)
- Et retour par le Col Vallanta (2 815 m)
⏱️ Combien de temps faut-il pour faire le tour du Monviso ?
🕒 Le tour peut se faire :
- En 2 jours pour les randonneurs expérimentés
- En 3 à 4 jours pour une version plus accessible
⛰️ Quelle est l’altitude maximale du parcours ?
Le point culminant est le Col de la Traversette / Buco di Viso à 2 882 mètres d’altitude.
🎒 Quel équipement est recommandé ?
✔️ Indispensable :
- Chaussures de randonnée
- Vêtements 3 couches
- Drap de sac ou sac de couchage léger
- Eau, encas, trousse de secours
- Bâtons de marche
- Lampe frontale
🛌 Peut-on dormir dans les refuges sans réserver ?
🔔 Réservation fortement conseillée en haute saison (juillet–août). Refuges avec demi-pension : Quintino Sella, Giacoletti, Refuge du Viso.
📅 Quelle est la meilleure période pour faire le tour du Monviso ?
📆 De mi-juin à mi-septembre, selon l’enneigement. Le Buco di Viso peut rester enneigé jusqu’en juillet certains étés.
🚶♂️ Est-ce accessible aux enfants ou aux débutants ?
⚠️ Ce parcours est physiquement exigeant. Il est déconseillé aux débutants seuls. Possible avec enfants si encadrés et expérimentés.
🇮🇹🇫🇷 Est-ce qu’on passe la frontière ?
Oui ! Le Buco di Viso, creusé au XVe siècle, relie l’Italie à la France à 2 882 m d’altitude.

Superbe article, ça donne envie de tenter le coup !
Et bien faut se lancer allez Hop Hop Hop et partir à la découverte des merveilles de la nature 😉
Bonjour, je viens de faire le tour dans l’aure sens, Echalp – Granero / Granero – Quintino Sella / Ascension du Viso / – Quintino Sella-Refuge du Viso / Refuge du Viso – Echalp.
65 bornes grosso mode pour 5560 D+.
Le lien si cela vous intéresse : https://photos.app.goo.gl/CBjKdpSzNgoUggXx7
Merci pour le commentaire et les photos sont super belles. Ça donne envie de revenir en espérant pouvoir gravir le sommet du Monviso