Premier Bivouac dans les gorges de Trévans

Les gorges de Trévans

L’appel de l’aventure

Cela faisait un moment qu’on en parlait, entre deux cafés, deux trajets, deux journées trop chargées : partir, marcher, dormir dehors, couper avec le quotidien. Nous avions envie d’une vraie aventure. Pas forcément de partir à l’autre bout du monde, mais plutôt de redécouvrir ce qui est là, tout près, et qu’on oublie trop souvent : la nature brute, les paysages sauvages, le silence.
Les gorges de Trévans s’étaient imposées à nous. On connaissait de nom ce site exceptionnel des Alpes-de-Haute-Provence, pas très loin de Digne-les-Bains. Un coin reculé, peu fréquenté, chargé d’histoire, avec ses falaises calcaires, ses forêts, ses torrents, et ses sentiers oubliés. L’occasion rêvée pour un premier bivouac.
Nous avons donc préparé les sacs, vérifié la météo, chargé les batteries. Le jour J, c’était décidé : on irait marcher pendant deux jours, dormir dehors, et revenir, un peu plus vivants.

Les gorges de Trévans
Les gorges de Trévans
Les gorges de Trévans

Jour 1 – À travers les siècles et sous la chaleur

 
Le réveil a sonné à 4h30. À 5h, on était déjà sur la route, un peu vaseux mais excités. Trois heures plus tard, nous voilà au parking de l’Estoublaïsse, au fond d’une vallée encaissée, point de départ de notre boucle. Le soleil est déjà haut, et la chaleur s’annonce écrasante. On ajuste les sacs, on vérifie les gourdes, et c’est parti.

Les gorges de Trévans

Un peu plus haut, nous tombons sur les ruines de Saint-André du Désert, petit monastère bénédictin du XIe siècle, témoignage d’une vie de prière et d’isolement. Aujourd’hui, il reste quelques pans de mur, une abside romane bien conservée et les vestiges d’un ermitage. Le silence qui règne donne à l’endroit un caractère sacré. On s’y attarde, on s’imprègne du lieu.
Plus loin, nous traversons le pont dit « romain », en réalité médiéval, construit sur un ancien chemin de transhumance. Le pont résiste depuis des siècles aux crues et au temps.
La montée vers la ferme du Gros Jas est rude sous le soleil. Ce lieu aujourd’hui désert servait autrefois d’exploitation agricole d’altitude, avec ses terrasses effondrées et ses murs en pierres sèches.

Les gorges de Trévans
Les gorges de Trévans

Encore un effort, et nous atteignons enfin le hameau du Poil, quasiment abandonné depuis les années 1960. À notre surprise, le village vit encore un peu grâce à un groupe passionné qui vient distiller artisanalement de l’huile essentielle de lavande, selon des méthodes traditionnelles. Un magnifique alambic en cuivre fume doucement et embaume l’air d’essence de lavande. Nous apprenons que la plupart des villages du coin produisait de l’huile essentielle de lavande, qui était ensuite vendue à Grasse pour la création des parfums. L’arrivée des essences synthétiques a marqué la fin de cette tradition et l’abandon de nombreux villages. Quelle chance d’être au Poil aujourd’hui!

En fin de journée, nous atteignons notre aire de bivouac, nichée dans une clairière en bord de torrent. Le lieu est parfait : plat, paisible, et discret.
Nous montons notre tente à l’ombre des arbres et après, dans les eaux fraîches des piscines naturelles un peu plus bas : la fatigue est définitivement noyée! Notre spa naturel prévoit aussi des pierres chaudes, et le gentil massage du soleil couchant.

Les gorges de Trévans
Les gorges de Trévans
Les gorges de Trévans

Plus tard, une balade autour du campement nous permet de photographier la lumière du soir sur la forêt et les reflets dans l’eau — souvenirs précieux.
De retour au camp, on improvise un apéro . Cette fois -ci, ce n’est pas la bière qui rend hommage à nos péripéties, mais un pastis au goût particulier, celui de l’effort accompli et du calme retrouvé.
Pour le dîner, un repas lyophilisé ; en regardant au fond du sachet nous n’avons pas vraiment eu un déferlement d’eau à la bouche, mais à notre plus grande surprise, les plats ( ou assemblages) étaient savoureux! Et la mousse au chocolat … elle pourrait aussi nous dépanner à la maison!
Le torrent murmure à côté. La lumière tombe doucement. On glisse dans nos duvets, fatigués mais heureux. Cette première journée nous a déjà offert plus de que ce qu’on espérait.

Jour 2 – Nuages, vent… puis lumière

La nuit a été fraîche, mais nous avons très bien dormi dans notre hôtel sous les étoiles. À l’aube nous sommes efficaces comme de petites fourmis et le campement disparaît rapidement. Le ciel est couvert, un léger vent s’est levé. Le contraste avec la veille est frappant : couleurs ternes, lumière diffuse. L’air est plus humide … nous avons dormi combien de temps? C’est déjà l’automne?
La montée vers le col du Villard se fait sous un ciel gris. Les pierres glissent un peu, les arbres suintent de rosée, les crêtes disparaissent dans les nuages. L’ambiance est calme, presque mélancolique. C’est vrai que la température est parfaite pour marcher.

La descente vers Majastres, minuscule village hors du temps, se fait dans la même atmosphère cotonneuse. Nous ne croisons aucun habitant, mais nous en apprécions l’extrême bienveillance : affiché sur la petite fontaine, un panneau nous intime que le plongeon est interdit! … On ne sait jamais!

Les gorges de Trévans
Vers la prairie de la Doubuge, vaste étendue d’herbes hautes, le ciel commence à s’éclaircir. Nous pénétrons dans la forêt de Montdenier, épaisse et fraîche, avec ses troncs moussus et sous-bois profonds, ajoutant une touche presque mystique.
Au vu de son nom, nous n’avons pas hâte d’arriver au col de la Mort de l’Homme. Heureusement les nuages se déchirent au fur et à mesure et les premiers rayons chauds percent enfin, mettant un peu de couleur. Au col, le soleil revient franchement, la chaleur nous enveloppe à nouveau. Nous faisons une pause, les visages tournés vers la lumière. L’énergie revient.
Les gorges de Trévans
Nous redescendons vers le hameau de Valbonnette, presque déserté mais riche en vestiges d’une vie rurale ancienne : four à pain en pierre, maisons en pierre sèche, jardins en terrasses. On imagine ces vies simples, rythmées par le travail de la terre et la chaleur du four communal.
Nous rejoignons le belvédère des gorges, d’où la vue plongeante sur les falaises abruptes est spectaculaire. Le panorama impressionne, le silence invite à la contemplation.
 
Un peu plus loin, nous découvrons le gîte non gardé du château de Trévans, adossé aux ruines d’une forteresse médiévale. À côté, un bassin en pierre recueillait autrefois l’eau du torrent pour abreuver les animaux. Aujourd’hui, il soulage les randonneurs trempés. Le château dominait autrefois l’entrée des gorges, poste de surveillance stratégique. L’endroit, chargé d’histoire, garde une atmosphère paisible et mystique.
Les gorges de Trévans
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Les gorges de Trévans

Après cette dernière pause, quelques derniers virages en descente nous ramènent au parking de l’Estoublaïsse. La boucle est bouclée. On relâche les sangles des sacs, on retire les chaussures. Deux jours dehors, et une sensation de retour différent. On n’a pas fait une expédition extrême, mais on a vécu quelque chose de fort, d’essentiel.

Les gorges de Trévans

Souvenirs d’un premier bivouac

Ce premier bivouac dans les gorges de Trévans a été bien plus qu’une simple escapade. Ces deux jours en pleine nature, au rythme lent des sentiers et des paysages, nous ont reconnectés à l’essentiel. Chaque étape, du départ matinal au retour, a été une découverte, entre histoire, rencontres et paysages sauvages.
La chaleur du premier jour, la fraîcheur du torrent, l’atmosphère nuageuse puis lumineuse du second… Tout a contribué à créer une expérience riche et variée. Le silence des ruines médiévales, la simplicité des hameaux oubliés, la beauté des panoramas nous rappellent combien ces lieux portent en eux la mémoire des hommes et du temps.
Ce bivouac restera un souvenir précieux, une invitation à continuer d’explorer, de marcher, de vivre ces moments d’aventure et de partage. Trévans, avec ses gorges profondes et ses sentiers secrets, nous a offert un premier chapitre prometteur pour de futures escapades.

Les gorges de Trévans
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❓ FAQ – Notre Premier Bivouac dans les Gorges de Trévans

📍 C’est où les gorges de Trévans ?

Les gorges de Trévans se trouvent dans les Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, à environ 30 km au nord-est de Digne-les-Bains. C’est un site naturel protégé, réputé pour ses falaises calcaires, ses forêts denses et son histoire riche. Le point de départ de la randonnée se situe au parking de l’Estoublaïsse, au fond d’une vallée encaissée.

🥾 Quel niveau de difficulté pour la randonnée ?

La boucle dans les gorges de Trévans est accessible à des marcheurs avec une bonne condition physique. Il faut être prêt à marcher plusieurs heures en terrain varié, avec quelques montées soutenues.

📊 Quelles sont les caractéristiques de la randonnée ?

Itinéraire sur 2 jours, environ 38 km parcourus, avec un dénivelé positif de 1 550 m et un dénivelé négatif de 1 550 m.

🅿️ Où se garer ?

Un parking est disponible au niveau de l’Estoublaïsse, au fond de la vallée. C’est le point de départ et d’arrivée idéal pour la boucle. Attention, les places sont limitées, arrivez tôt surtout en haute saison.

☀️ Quelle période est idéale pour partir ?

Les beaux jours du printemps à l’automne sont les plus adaptés. Évitez l’été si vous n’aimez pas la chaleur intense comme celle que nous avons rencontrée le premier jour.

💧 Où se ravitailler en eau ?

Il y a plusieurs torrents et fontaines sur le parcours, comme celle près de Majastres. Pensez à emmener un filtre ou des pastilles pour purifier l’eau.

🏛️ Quels sites historiques peut-on visiter ?

Ruines du monastère Saint-André du Désert, pont médiéval, hameaux abandonnés, château de Trévans... Le parcours est riche en vestiges médiévaux.

🍽️ Que prévoir pour les repas ?

Repas lyophilisés ou plats faciles à cuisiner sur un petit réchaud. Pensez à des encas énergétiques et à bien hydrater.

🎒 Quel équipement est indispensable ?

Tente légère, sac de couchage adapté à la saison, vêtements techniques, chaussures de randonnée, gourdes, carte/topo, trousse de secours.

📷 Puis-je voir vos photos de l’aventure ?

Oui, bien sûr ! Retrouvez toutes nos photos de ce bivouac dans notre galerie photographique.

3 réflexions sur “Premier Bivouac dans les gorges de Trévans”

  1. Ping : Randonnée Mont Lachens : bivouac sauvage sur le toit du Var

  2. PROSPERINI

    Merci pour vos récits inspirants et romantiques ainsi que pour toutes ces belles images qui donnent envie. Bonne continuation

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