Voyage en Sicile : Itinéraire de 4 jours à Catane, Taormina et Syracuse
Voici notre itinéraire Sicile 4 jours entre Catane, Taormina et Syracuse.
Itinéraire de 4 jours en Sicile
Notre petite escapade en Sicile nous a emmenés à Catane, Taormina et Syracuse, entre histoire, street-art, églises à foison et chioschi à mandarines vertes. Nous voilà rentrés de notre voyage en Sicile avec des souvenirs qui vont nous hanter longtemps et avec la folle envie d’y revenir.
Parce que oui, la Sicile c’est magique mais c’est aussi un peu dingue. Et contrairement à ce que les films nous avaient laissé croire, c’est incroyablement tranquille et paisible. Si vous vous demandez que faire en Sicile 4 jours, laissez nous vous raconter notre itinéraire et nos découvertes, entre villes baroques, volcan et mer Méditerranée.
Histoire de la Sicile et influences culturelles
Un peu d’histoire avant de commencer. La Sicile, c’est le carrefour de l’histoire méditerranéenne. Les Grecs anciens y ont fondé des colonies prospères, puis les Romains ont pris le relais. Au Moyen Âge, les Normands y ont apporté leur culture, les Arabes leur art et leur commerce. Les espagnols aussi ont bien aimé l’île, laissée à l’ombre de la couronne d’Aragorn pendant 200 ans.
Résultat ? Une architecture qui est un patchwork de civilisations. Vous verrez des temples grecs du 6ème siècle avant notre ère, des châteaux normands, du baroque espagnol extrêmement riche et de l’italianité plus ou moins moderne, mais sûrement authentique. La Trinacria est un véritable musée à ciel ouvert, mais un musée qui vit, mange, respire et vous crie « Limone con sale ! » depuis les kiosques.
Voyager en Sicile : appréhensions et réalités
L’appréhension avant le départ. Deux personnes, des origines différentes, des idées très divergentes. Résultat ? Le français: curieux. Les films, les séries … tout ce qu’on voit, tout ce que l’on entend sur la Sicile, c’est la mafia, les règlements de comptes, l’ambiance glauque. Peut-être que l’inconscient collectif laissait imaginer des rues dangereuses, une atmosphère tendue, des regards louches aux coins des ruelles.
L’italienne: cool! Et elle ne se trompait pas, c’est probablement l’ADN… Les affreuses images stéréotypées sont une mauvaise carte postale de la Sicile, au moins de ce que nous avons vu. La vraie Sicile ? Elle est étonnamment paisible et accueillante. La seule chose hostile est par moment la langue, pas toujours facile à comprendre.
Catane : que voir et que faire ?
Catane : le street-art, les cannoli et les kiosques de folie. Les murs noirs de lave volcanique, les ruelles étroites … nous avions l’impression d’être sur une autre planète. Puis nous avons levé les yeux, et boom : l’Etna ! 3300 m de volcan actif ( presque hyperactif) saupoudré de neige.
Quand le regard descend c’est le street-art qui s’affirme à qui sait regarder et chercher un peu. Des fresques colorées, des visages peints sur les façades et une exposition « New York 80 » pour clôturer le spectacle. Les bleus électriques, les roses acidulés, les jaunes pétillants : c’est beau et un peu anarchiste. Nous adorons.
Et c’est là qu’on comprend l’essence de Catane : c’est une Séville sicilienne reconstruite en noir de lave. Après le tremblement de terre dévastateur de 1693, la ville a été entièrement reconstruite avec un baroque espagnol qui se moque des aspérités de la vie. L’architecte Giovanni Battista Vaccarini a redessiné les places, les églises, les façades ornementées. Mais au lieu du marbre blanc, à Catane c’est la pierre volcanique noire locale. Résultat : une architecture sophistiquée espagnole revêtue d’un costume de lave, sombre et dramatique.
Dans le centre de Catane, les ruelles se joignent dans des places et des placettes de toute forme et taille. En flânant sans destination précise, nous sommes arrivés sur une énorme esplanade au milieu de laquelle s’imposait le château Ursino.
Cette forteresse médiévale solide et rationnelle, entourée de maisons biscornues, est l’une des surprises que cette ville aux mille facettes nous a réservée. Plus loin, la basilique de Sainte Agathe nous ramène en terre sicilienne : baroque aux allures kitch, couleur miel, et tout l’édifice qui scintille d’une constellation de détails en pierre blanche caressée par le soleil.
Le soleil… Il était bien présent et persuasif en ce début de saison. Les siciliens ont trouvé un formidable remède contre la chaleur : les kiosques à seltz. Quelle magnifique découverte! De petits baraquements colorés où l’on peut commander un « Mandarino verde con seltz » à boire debout, sur la rue. C’est une spécialité locale très rafraîchissante, parfois avec du citron ou une pointe de sel que l’on peut agrémenter de plusieurs parfums d’agrumes. C’est sucré, c’est frais, c’est fou, c’est délicieux au goût comme aux plaisirs des yeux avec cette fameuse mandarine verte.
La via Etnea termine la Piazza Del Duomo avec son dôme imposant au style baroque, et cet éléphant de lave qui nous regarde de haut. Pas glamour, pas ostentatoire, juste là. C’est très sicilien. Les balcons en fer forgé et les façades chargées qui ornent les immeubles? Héritage direct de l’Espagne. Mais tout est teinté de ce noir volcanique unique qui nous rappellent les œuvres du peintre Pierre Soulages.
Tout au fond de la place, l’atmosphère change totalement : le marché de poisson est un incontournable à Catane, un vrai défi à toute norme d’hygiène ! Les touristes et les locaux se croisent, partagent les tables des restos et des bars, se moquent les uns des autres.
Des journées bien remplies et, dulcis in fundo, un apéro “wow”, très instagram, au rooftop du Palace Hôtel. Assis à la terrasse, un verre à la main, la ville qui s’étale sous nos pieds, les lumières qui s’allument progressivement et l’Etna face à nous, sublime et majestueux avec son sommet enneigé qui semble sublimer toute la Sicile. Le bonheur existe! Un serveur adorable nous invite pour la première tournée pour s’excuser des dix minutes d’attente. Comment expliquer notre étonnement ? Le responsable du rooftop qui nous raconte des moments de vie, entre France et Italie. Les gens autour de nous ? Des familles, des couples, des amis qui rient, une ambiance féerique pour nous, juste la vie normale pour les siciliens.
Taormina : que faire et à quoi s’attendre ?
Taormina : les rues qui grimpent, les églises omniprésentes et le « succès » touristique. Si Catane est l’âme, Taormina, c’est la fille riche de la Sicile. Elle sait qu’elle est belle et elle le montre. Perchée sur une falaise, elle offre une vue à couper le souffle sur la baie et l’Etna. Les ruelles chics sont pavées de galets jaunes et blancs, les boutiques de luxe rivalisent avec les petits restaurants. C’est joli, mais c’est aussi un peu… trop. Trop de touristes, trop de monde, trop de gens qui se pressent dans les rues, trop de poses Instagram.
Mais attendez. La vue depuis le haut de la ville ? C’est un coup de poing au cœur. L’Etna d’un côté, la baie turquoise de l’autre, le “continent” au loin-mais pas trop. C’est tellement beau que nous pardonnons (presque) la foule. Les ruelles qui montent ? Ce sont des escaliers cachés entre les bâtiments. Arrivés en train de Catane, nous avions le choix: attendre une demi-heure et prendre le bus style tour de Babel ou arpenter la colline en dégustation intime de Taormina. Nous montons évidemment . Montons, montons… mais nous continuons parce que chaque tournant révèle une nouvelle vue, une nouvelle église, une nouvelle petite placette ombragée.
D’ailleurs, parlez-nous des églises. Il y en a PARTOUT. Sérieusement. Nous faisons cinq pas, boom, une église. Dix pas, boom, une autre église. Certaines sont majestueuses, d’autres sont cachées dans les ruelles comme des secrets. Les clochers colorés créent une symphonie architecturale au-dessus des toits. Chacune raconte l’histoire de la Sicile : influences normandes, arabes, espagnoles, grecques… tout s’y mélange. Le théâtre grec antique est magique. Nous nous asseyons sur les marches usées par 2 000 ans de popotins, nous regardons la vue (encore elle !), et nous sentons l’histoire nous chatouiller la colonne vertébrale. Il est temps pour nous de repartir en ouvrant bien les yeux pour ne rien oublier.
Syracuse et Ortigia : que voir absolument ?
Syracuse : La Grèce et Ortigia en scène. Syracuse nous a séduits. Après le tourisme de masse de Taormina, cette ville antique nous a rappelé pourquoi nous aimons voyager : pour les découvertes, les histoires, les petits moments magiques.
Ici, l’histoire respire littéralement. Syracuse était une puissance grecque autrefois rivale d’Athènes. Le mathématicien Archimède y est né, y a défendu la ville avec des machines de guerre ingénieuses. Des siècles plus tard, les Romains l’ont conquise, puis les Normands, puis les Espagnols et finalement l’Italie unifiée au 19ème siècle a repris le contrôle. C’est fou de marcher dans une ville qui a vécu tout ça.
L’île d’Ortigia, le cœur historique, est reliée à la ville par des ponts qui remontent à l’Antiquité. Le plus célèbre, celui qui relie l’île à la ville moderne, a été construit au 15ème siècle et restauré mille fois. Sous nos pieds, 2 500 ans d’histoire, tout autour, la mer : nous sommes sur une île dans une île !
En arrivant, nous rencontrons immédiatement la statue d’Archimède, ce génie qui a sauvé la ville en inventant, entre autres, des armes folles. Il regarde la mer avec fierté, ses proportions imposantes nous rappelant que même les savants avaient du prestige en Sicile.
La Piazza del Duomo est spectaculaire. Le Duomo lui-même avec ses colonnes doriques récupérées d’un ancien temple grec est époustouflant. C’est dingue : nous regardons cet édifice magnifique, et nous réalisons que les murs contiennent littéralement un temple grec du 6ème siècle avant notre ère. L’histoire s’accumule ici comme les couches de peinture sur un vieux mur. Grec, romain, normand, espagnol, italien… tout y est.
La Fontaine d’Aréthuse est une petite merveille cachée. Cette source d’eau douce jaillit en plein milieu de la mer salée (oui, c’est une anomalie géologique). Les papyrus poussent autour, les poissons nagent dedans, les touristes prennent des photos en se demandant comment c’est possible. La légende dit que c’est la nymphe Aréthuse qui s’est transformée en fontaine… c’est poétique, c’est adorable. On est tellement bien, qu’on croit en tout !
Nous avons marché autour de l’île à pied, et c’est ici que nous sentons vraiment la Sicile. Les petites ruelles pavées de blanc, les balcons en fer forgé débordant de bougainvillées rose fluo, les restaurants familiaux, les minuscules Madones qui observent depuis les coins des rues et veillent sur le linge étendu. Les murs sont peints en couleurs douces : rose tendre, jaune vanille, bleu pervenche. C’est un tableau vivant qui ne se dilue pas comme l’aquarelle, mais qui garde son caractère brut. Les autres églises d’Ortigia continuent le thème : il y en a une à tous les coins de rue, chacune plus baroque que la précédente.
Le retour à Syracuse ville est assez dur, mais il faut le faire. On ne peut pas partir sans avoir visité l’immense théâtre grec et l’oreille de Dyonis, nichés dans un parc sur les hauteurs de la ville. Nous l’avons trouvé, observé avec convoitise et une envie irréfrenable de le visiter, mais le temps est tyran et le train encore plus. Nous rentrons à Catane à bord d’un train flamboyant, qui laisse défiler sous nos yeux tous les contrastes de cette île. Des paysages sauvages, pointillés de flamands roses, sont d’un coup effacés par un complexe pétrochimique ; après c’est une succession de campagne et mer qui nous ramène jusqu’à Catane.
Et voilà… ou plutôt, à bientôt !
La Sicile ne nous a pas juste accueillis : elle nous a avalés. Entre les fresques colorées de Catane, la folle ascension des escaliers de Taormina, et la déambulation contemplative à Ortigia, nous avons compris pourquoi les Siciliens sont comme ils sont : ils vivent sur une couche de 2 500 ans d’histoire, mangent des cannoli, trouvent normal qu’il y ait une église tous les 50 mètres et boivent un Spritz qu’ils sont les seuls à avoir : l’Etna spritz, un hommage aux oranges locales.
La vraie Sicile ? C’est une île accueillante, paisible, généreuse. Les gens sourient, les rues sont vivantes et sûres, certes parfois sales,mais c’est le sud, la Méditerranée. Quatre jours, c’est trop court pour cette île magique. La Sicile, la plus grande île de Méditerranée, recèle bien d’autres trésors que nous n’avons fait qu’entrevoir … la liste est longue et elle nous appelle.
Et puis il y a l’Etna. Ce géant fumant qui domine la Sicile depuis 700 000 ans, nous l’avons admiré de loin depuis les terrasses, nous l’avons vu se dessiner sur l’horizon au coucher du soleil… mais nous rêvons de l’escalader. Monter sur le plus haut volcan actif d’Europe, sentir la lave sous nos pieds, respirer l’air sulfureux, toucher les nuages au sommet. C’est une promesse que nous nous sommes faite.
Donc oui, la Sicile nous a conquis, et elle sait qu’elle aura deux visiteurs curieux de retour très bientôt. Avec de meilleures chaussures de rando pour l’Etna, et une liste bien plus longue de découvertes à faire.
À bientôt, la Sicile. Nous reviendrons!
❓ FAQ – Organiser un voyage en Sicile
🗺️ Que faire en Sicile en 4 jours ?
En 4 jours, l’idéal est de combiner Catane, Taormina et Syracuse. Cet itinéraire permet de découvrir à la fois des villes baroques, la mer et le célèbre volcan Etna.
🚗 Faut-il louer une voiture en Sicile ?
Ce n’est pas obligatoire pour cet itinéraire. Les trains relient bien Catane, Taormina et Syracuse. En revanche, une voiture peut être utile si vous souhaitez explorer des endroits plus isolés ou monter sur l’Etna.
⏳ Combien de jours pour visiter la Sicile ?
4 jours permettent de voir les incontournables de l’est, mais l’idéal reste 7 à 10 jours pour explorer davantage l’île et profiter pleinement de l’ambiance sicilienne.
🌞 Quelle est la meilleure période pour visiter la Sicile ?
Le printemps (avril à juin) et l’automne (septembre à octobre) sont parfaits : il fait beau, les températures sont agréables et il y a moins de touristes qu’en plein été.
🏛️ Que voir absolument à Syracuse et Ortigia ?
Ne manquez pas l’île d’Ortigia, la Piazza del Duomo, la Fontaine d’Aréthuse et le théâtre grec. C’est l’un des endroits les plus authentiques de Sicile.
🧗 Peut-on monter sur l’Etna ?
Oui, il est possible de visiter l’Etna avec ou sans guide. Pour atteindre les zones les plus hautes, un accompagnement est obligatoire. C’est une expérience unique en Europe.
🍝 Que manger en Sicile ?
Impossible de passer à côté des spécialités locales : cannoli, arancini, granita et boissons typiques comme le “mandarino verde con seltz”. La cuisine sicilienne est simple, généreuse et pleine de saveurs.
😌 La Sicile est-elle une destination sûre ?
Oui, contrairement aux idées reçues, la Sicile est globalement une destination sûre, accueillante et paisible, notamment dans les zones touristiques comme Catane, Taormina et Syracuse.
🎨 Où voir du street-art à Catane ?
Le street-art à Catane est omniprésent si vous prenez le temps de vous perdre dans les ruelles. Entre fresques colorées, visages peints et murs de lave transformés en œuvres urbaines, la ville est un véritable terrain d’expression artistique. Ne manquez pas certaines expositions comme « New York 80 » à Catane, ni les galeries en Sicile qui mettent en avant l’art contemporain et urbain.
📸 Où voir des photos de la Sicile ?
Découvrez notre galerie photo Sicile avec des images de Catane, Taormina et Syracuse : paysages, ruelles, mer et vues sur l’Etna.
🎨 Où voir des photos de street-art à Catane ?
Explorez notre galerie street-art Catane pour découvrir les fresques colorées, les murs de lave transformés et l’ambiance artistique unique de la ville.
🖼️ Où voir l’exposition « New York 80 » à Catane ?
Retrouvez notre galerie exposition New York 80 Catane, avec une sélection de photos autour de cette expo inspirée du street-art new-yorkais et de la culture urbaine des années 80.
