MARS(eille) Attaque

Une journée à Marseille : entre chaos urbain, mer Méditerranée et trésors d’architecture


Août dans le Sud : entre chaleur, foule et échappées marines

Août s’écoule, lent et inexorable ou fulgurant selon les moments, alors que les touristes, eux, ils figent, sur leur peau et dans des centaines de photos, le soleil et les émotions de l’été qui arrive à sa fin. Bref : les plages sont bondées. Les massifs sont interdits, cause incendie. Que c’est beau le Sud en été! Mon compagnon d’aventure trouve son bonheur dans les anfractuosité marines, là où les poissons sont aussi bariolés que les vacanciers, mais beaucoup plus silencieux et élégants.

Marseille, ville chaotique et envoûtante

Une cité de contrastes, entre vacarme et beauté brute

Je fuis le tourisme de masse en me dirigeant vers Marseille, oui, la ville la plus chaotique de France! Aimante de la nature, des espaces non contaminés et sauvages, des chants des oiseaux qui accompagnent les chuchotements du vent entre les feuilles, du bleu de la mer qui fond dans le ciel, enfin, c’est à Marseille que je me ressource !

Soit on l’aime, soit on le déteste. Je fais partie de ceux qui sont fascinés par ses contrastes, sa cacophonie qui finalement est orchestrée comme dans un morceau  punk, en sauce aïoli.

Les mots de Jean-Claude Izzo pour arpenter la ville

Pendant mes premières virées marseillaises, c’était Jean-Claude Izzo qui m’accompagnait dans les recoins de la cité phocéenne; je m’étais approprié sa phrase, tirée de Le soleil des mourants : “Pour moi, c’est moins douloureux de me sentir étrangère ici que dans mon propre pays”. Maintenant je dribble voitures, scooters, trottinettes, cadis, mômes, gabians, mieux qu’un attaquant de l’OM.

De Noailles à la Cité Radieuse : une balade sensorielle

Rituels gourmands à Noailles

Me voilà donc à haut de l’escalier de la gare Saint Charles, la ville s’étale devant moi, je la domine, pourtant j’ai l’impression qu’on me guette : c’est la Bonne Mère, rien ne lui échappe de là haut.

Ma gourmandise rythme mes pas, et je me trouve à Noailles, une kesra encore chaude à la main, le sourire s’agrandit pour savourer ce délice qui fait désormais partie de mes rituels marseillais.

Sur le chemin de la maison du Fada

Pas n’importe quelle cité, c’est la cité radieuse!
Direction la Cité Radieuse, ici appelée la maison du Fada. Pas plus que quelques kilomètres et plusieurs mondes se côtoient, se chevauchent, s’alternent. L’avenue du Prado monte progressivement de gamme, Marseille commence à perdre son caractère quand le Vélodrome surgit et l’ambiance est à nouveau chaude, entre photographes improvisés, maillots tirés sur les ventres des supporters en surpoid, mauvaises imitations des tenues, kebab et beaucoup plus.

La Cité Radieuse de Le Corbusier, une utopie en béton

Enfin je trouve l’unité d’habitation, la cité verticale de Le Corbusier, le Fada. C’est un immense bâtiment en béton, les lignes sont brutes, simples, toutefois l’ensemble est génial.
Entre délire architectural et expérience de sociologie, la cité radieuse est une icône de l’architecture moderne, un mastodonte de béton baigné de couleurs. Construit entre 1947 et 1952, cet immeuble incarne la vision utopique d’un habitat collectif complet et autonome, avec 337 appartements en duplex, commerces, écoles, hôtel, salle de sport…

Sur le toit du monde : vue imprenable et art contemporain au MaMo

Un musée perché et une lumière méditerranéenne explosive

Le troisième étage de cette ville sur pilotis est le plus vivant: un hôtel, des galeries d’art, une librairie, des commerces et, juste au-delà des belles fenêtres, la mer.
Mais c’est sur le toit terrasse que la lumière explose et le béton devient léger comme la voile d’un bateau. Conçu comme un espace pluriel avec école maternelle, gymnase, piste d’athletisme et solarium, le sommet de la ville verticale cache aussi un musée d’art contemporain, le MaMo (Marseille Modulor), vraie cérise sur le gateau!

Je me demande si mes yeux sont assez puissants pour parcourir ce paysage grandiose qui s’ouvre tout autour de moi : 360° de collines, maisons, bâtiments, tours d’immeubles, rochers et la ligne parfaite où la mer s’envole vers le ciel.
Regenerée et enthousiaste, je dois redescendre sur terre doucement ; j’emprunte donc l’escalier, qui n’a effectivement rien de poétique.

Descente vers la mer : entre Huveaune, David et Parc Borély

Quand Marseille surprend : nature et élégance insoupçonnées

Maintenant, cap vers le David. Pour prolonger cet état de béatitude, je longe l’Huveaune jusqu’à son estuaire et je pose une colle monstrueuse aux amis qui reçoivent en photo ce paysage bucolique.
T’es où? Marseille? Tu déconnes! Où sont les rats, les canettes, les papiers, le décor typique de la ville ? Pas ici ; ni au Parc Borely, écrin d’élégance et nature parcouru par l’Huveaune.

Le bleu de la corniche jusqu’au Vieux Port

Hypnose méditerranéenne, entre Frioul et Château d’If

Et après, c’est le bleu : sinueuse, la corniche suit la mer qu’ici sort sa couleur incroyable et unique. Mes yeux sont dans l’eau, arpentent un instant Frioul et le château d’If, après replongent dans la Méditerranée pendant que j’avance, hypnotisée, jusqu’au Vieux Port.

Explosion de couleurs au MuCEM : l’art de Hervé Di Rosa

Le Miam de Sète s’installe à Marseille

Prochaine destination : le MuCem, pour admirer l’exposition d’ Hervé de Rosa.
Si le bleu avait été le protagoniste de ma matinée, l’expo est un vrai festin de couleurs.
L’esprit frondeur du Miam (musée d’art modeste ) de Sète, fondé par de Rosa même, explose à Marseille en version XL ! C’est un hymne à la joie qui donne voix aux histoires, aux personnages pop, aux souvenirs de voyages, aux visions.
Je visite une expo et je m’amuse, je ris : j’adore l’art brut !

Plongée sans palme : la Grotte Cosquer et la mémoire submergée

Un tour rapide dans le bâtiment me permet de contempler la ville en dentelle, après mon voyage change d’ambiance, je fonce sous la mer, sans palme, sans bouteilles.
A Marseille on peut aussi plonger sans se mouiller : à la Villa Méditerranée, une réplique impressionnante de la Grotte Cosquer dévoile le street art sous marin des hommes et des femmes qui vivaient en bas des Calanques, avant que le niveau de la mer monte jusqu’à la submerger.

Fin de parcours au Panier et à la Vieille Charité

Une dernière étreinte de pierre rose avant le départ

Je ne suis pas Venus, mais moi aussi je sors de l’eau et je regagne la terre, le soleil.
Pour remonter à la gare, je ne peux m’empêcher de bifurquer vers le Panier et de faire une petite déviation à la Vieille Charité, qui me serre affectueusement dans ses bras en pierre rose.
Autant de beauté en une seule journée … et autant de pas dans mes sandales. Il ne manque qu’un pastis et je serais aux anges !


💬 FAQ – Marseille vue autrement : tout ce que vous vous demandez (ou pas)


🏖️ Marseille en été, c’est supportable ou insupportable ?

Oui… et non !
La ville peut être brûlante, bruyante, bondée… mais aussi pleine de surprises. En évitant les lieux trop touristiques, on découvre des coins de nature insoupçonnés, des ruelles pleines de charme, et surtout, une énergie unique au monde. C’est tout sauf tiède.


🏛️ La Cité Radieuse, c’est vraiment à visiter ?

Carrément.
Même si vous n’êtes pas fan de béton, l’expérience vaut le détour. Le bâtiment de Le Corbusier est une utopie verticale, avec un toit terrasse incroyable, des vues à couper le souffle, et un musée d’art contemporain (le MaMo) perché au sommet. 🧱+🌊=❤️


🌊 Peut-on se baigner à Marseille sans être cerné par la foule ?

Oui, si on connaît les bons spots !
Entre les calanques moins connues, les criques accessibles à pied ou en bateau, et même certaines zones le long de la Corniche, la Méditerranée reste accessible et magique… surtout le matin ou en fin de journée.


🎨 Le MuCEM, c’est que pour les amateurs d’art ?

Pas du tout.
Le MuCEM, c’est autant un musée qu’une expérience visuelle et architecturale. On y vient pour les expos, mais aussi pour la vue, les passerelles, l’ambiance… Et quand c’est Hervé Di Rosa ou le MIAM de Sète qui s’invitent, c’est encore plus fun 🎉


🐚 La Grotte Cosquer, c’est pour les enfants ou pour les grands ?

Les deux !
C’est une reconstitution ultra réaliste d’un site préhistorique sous-marin disparu. On y apprend des choses fascinantes sur nos ancêtres… sans se mouiller. Parfait pour les curieux, les familles, ou les grands enfants passionnés de plongées sans palmes 🤿


🧭 Une journée suffit pour visiter Marseille ?

Non.
Mais une journée bien remplie peut vous faire tomber amoureux de la ville. Et surtout, elle donne envie de revenir. Marseille, ce n’est pas une ville à visiter, c’est une ville à vivre.


📸 Où voir les photos de cette escapade à Marseille ?

👉 Voir la galerie photo complète ici
(Petits instants volés… à savourer sans modération.)


🎨 Envie d’en voir plus côté street art marseillais ?

👉 Lire l’article : « Marseille un Panier d’images»
De grands murs peints, des pochoirs poétiques, des fresques engagées… Marseille est une toile à ciel ouvert !



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